Partager l'article ! Embaumer afin que puisse vivre le bâ !... (n°10) en Égypte ancienne !: La mort "totale" était impensabl ...
La mort "totale"
était impensable pour les Égyptiens.
Improprement traduit par âme, le bâ est un principe spirituel qui prend son envol à la mort du défunt !
Paradoxe peut être, puisque Bâ était néanmoins lié à la vie !
Mais, à la vie post mortem du défunt.

Tombeau d’Irinéfer.
Dans la vallée des Nobles.
Décodage de cette superbe "chromolithographie"...
Représentation en quelque sorte, d'une formule magique et, ceci afin d'ouvrir l'hypogée d'Irinéfer à :
• Son bâ,
• Ainsi qu'à son ombre...
Et tout cela afin :
• Qu'il puisse sortir au jour, d'où le nom d'un livre... du même nom !
• Qu'il puisse être le maître de ses deux jambes !
Ainsi vous aurez bien remarqué la présence de l'oiseau d’Irinéfer, appelé également bâ, ni plus ni moins à deux reprises représenté ici !
• Quittant l'hypogée,
• Y retournant aussi !
Ainsi, l'antique Égyptien devait conserver dans l’au-delà :
• Une totale liberté de mouvement,
• Et pouvoir quitter sa tombe sous des apparences diverses, mais c’était toujours pour y revenir.
De plus :
→ Vous aurez vu cette ombre noire, celle du défunt Irinéfer dans l’encadrement de la porte de l'hypogée.
→ Devant cette fameuse ombre était représentée, sous la forme d’un disque noir, le disque solaire éclairant le monde souterrain.
L'expression "sortir au jour" ou "sortir pendant les heures de la lumière solaire représente le désir suprême du mort de s'unir au nombre des bienheureux qui entourent le soleil" était bien un symbole de la vie.
Prélude d'une rupture...
Papyrus d'Ani.
Planche 17.
Pour en savoir davantage sur ce principe spirituel des temps fort anciens, je vous convie donc à suivre les liens (en jaune) : ceux-ci correspondent à des articles édités précédemment !
Tout commença le jour de la rupture... celle d'un être qui s'éteint !
"Tu montes,
tu descends...
tu glisses,
comme ton cœur le désire,
tu sors de ton tombeau chaque matin,
tu y rentres chaque soir"
La sortie au jour du bâ et de l'ombre de Neferoubenef.
Vignette du chapitre 92
Musée du Louvre
Source : © Soutekh67
Provenant du : site Licence Creative Commons
Qu'avons nous donc découvert sur ce grand principe, jusqu'à présent ?
→ Pour conserver son Bâ, il était nécessaire que le corps du défunt soit intègre : il devait garder sa forme humaine !
• La momification était donc une étape obligée... indispensable...
• Lors du décès, le Bâ s’envolait, reprenant, en quelque sorte sa liberté !
• Les nétèrou, contrairement aux humains, pouvaient apparaître sous différentes formes et, ceci grâce au fait qu'ils possédaient de multiples Baou.
→ Comme il avait la capacité de s'envoler... il avait aussi celle de passer d'un plan du réel à un autre !
• Mais surtout, il ne fallait pas le confondre avec l’âme Humaine !
→ Il n'était pas pour autant autonome : il était bien lié... à son corps d'origine !
→ Bâ pouvait aussi être représenté à coté de l'ombre... De plus, il semblerait que celle-ci fut liée à la sexualité du défunt : visiblement, ce dernier souhaitait garder cette activité dans l'au-delà...
→ Les ailes de Bâ incarnaient bien sa mobilité ! Et, ceci devait s'opérer de l'être... vers le sur-être !
• Une interdépendance existait, puisque Bâ devait d'être reconnu par Ka (le ka divinisé) afin que le défunt puisse s'animer.
→ A l'origine, il y avait Bâ... à la fin y eu Bâ ! Au milieu, il y avait aussi bâ qui était en toutes choses !
• Il existait donc trois différentes conceptions du Bâ, à savoir le :
→ Bâ "âme" cosmique,
→ Bâ "âme" naturelle",
→ Bâ "âme" humaine.
→ Le bâ des neterou évoluait selon des règles différentes par rapports au bâ humain !
• Le monde divin était que très peu concerné par la mort !
• Chacune des étoiles du ciel était perçue comme étant le bâ d'un neter !
• Le neter Nout... la voûte céleste divinisée, était "celle aux milles baou" !
→ Quand bâ animait les statues !
• Tout comme les nétèrou eux-mêmes, les baou pouvaient se syncrétiser, fusionner...
• Les statues furent, en vérité, animées par Bâ.
• Par opposition au bâ, le ka était une faculté statique.
• Mais Ka avait besoin de Bâ pour...
Bâ de Nekhen.
Règne de Sésostris I (1 961-1 917 avant J.-C.)
Calcaire peint, du temple de la pyramide de Sésostris I
Lisht
Fonds Rogers, 1909 (09.180.41)
Aucun culte ne fut rendu à bâ…
Bâ fut vénéré probablement des millions de fois et, cela à travers le culte rendu au bâ de chaque :
- Être ayant été mortel auparavant !
- Pharaon,
- Nétèrou,
-…
Sans lui être spécifiquement réservés on l'adulait néanmoins au niveau :
- Les temples,
- Et les hypogées…
Vénérer la statue d’un nétèr, que cela soit :
- Au sein d'un sanctuaire,
- Ou lors de processions… Cela correspondait à la vénération du bâ de la divinité !
Mais le bâ qui importait le plus aux yeux de nos antiques Egyptiens fut forcément celui correspondant à chaque mortel, qu’il fut pharaon ou alors un simple sujet de sa majesté !
Une adulation qui devait s’effectuer de manière bien différente selon le niveau social de l’individu !
Embaumer afin que puisse vivre le "bâ" !
Lorsque survint cette fatidique rupture, la mort en somme, les différents éléments de l’être qui devaient nous composer à savoir le :
- Corps,
- Coeur,
- Nom,
- Ka,
- Bâ, se dissociaient, tout en conservant chacun leur intégrité.
Bien qu'évoluant désormais indépendamment les uns des autres, il importait qu'ils puissent se rassembler de nouveau.
Sans cela, la vie post mortem serait impossible !
La non-conservation du corps après la rupture... fut donc inconcevable pour les Égyptiens !
Du moins en était-il ainsi, pour la classe des nanties... Vous aurez-bien compris, au moins 80%, si cela n'est pas plus de la population, n'y avait pas accès... à cette éternité !
Rappelez-vous, au début de l'ère pharaonique, seul pharaon avait cette possibilité, d'infini, d'éternité...
!
La préservation fut même une condition impérative afin que :
- Ka,
- bâ,
- Nom,
- Ombre,... puissent également survivre... Qu'ils ne puissent pas errer éternellement comme des fantômes !
Les techniques d'embaumements mises au point par les antiques Égyptiens répondirent très tôt à cette quiétude.
Soliloque...
Légitimement, il serait opportun de se demander qui vint en premier entre :
- L'embaumement,
- Et cette théologie stipulant le caractère impératif de la préservation du corps, si l'on désirait que le bâ,... puisse survivre !
Certainement, la momification ?
Qu'en pensez-vous ami(e)s lecteur ?
Car bâ était finalement le vrai interlocuteur des vivants lorsque ceux-ci s'adressaient :
- A leurs nétèrou,
- A leurs défunts...
A suivre...
Désinences... prochainement sur le même sujet... à savoir les Baou...
- Libérer Bâ,
- Au tombeau,
- ...
A fin d'en connaître davantage, je vous invite à consulter :
• Sources...
Initiation aux Livres des Morts égyptien, éditions Albin Michel, 1991
Égypte, les mystères du sacré, Éditions du Félin, 1987
Guilmot, Max, Le Message spirituel de l'Égypte ancienne, Édition du Rocher, Monaco
www.egyptologica.be_papyrus_ani_pa_planche10
Gaston Maspero, Études égyptiennes, Éditions Imprimerie Nationale, 1879
Symbolique de l’Égypte, éditions du Huitième jour
Collection "Passion de l'Egypte" Editions Atlas 2003
A voir également...
Naître quand l'être s'éteint ! ? (Bâ n°1) en Égypte antique !
Dans l'anthropologie (Bâ n°2) en Égypte antique !
Le Ba n'est pas autonome: (Bâ n°3) en Égypte ancienne !
L'ombre et le Ba : (Bâ n°4) en Égypte ancienne !
Un concept bien dynamique... Bâ : (n°5) en Égypte ancienne !
Les différentes conceptions du Bâ : (n°6) en Égypte ancienne !
Les "baou" divins... Bâ : (n°7) en Égypte ancienne !
Quand bâ animait les statues... (n°8) en Égypte ancienne !
Apophtegme...
Etre Humain
C'est aimer les hommes
Etre Sage
C'est apprendre à les connaître.
Lao Tseu
Fichier en PDF
Embaumer afin que puisse vivre le bâ !... (10) en Égypte ancienne
!
"Il n'y a pas d'homme cultivé.
Il n'y a que des hommes qui se cultivent."
Maréchal Foch