Le site d'Aimé Jean-Claude

Libérer bâ !... (n°11) en Égypte ancienne !

ankh hiero

 

 

www.aime-free.com 

 

ww.aime-jeanclaude-free.com  

 

La mort "totale"

était impensable pour les Égyptiens.

  BD_Mummy_and_Ba.jpg

Bâ survole la momie pour la vivifier, au-dessus du coeur...

Le défunt repose sur son lit funèbre...

L'unification du bâ et du corps momifié fut nécessaire pour la survie de bâ après la rupture.

De chaque côté on peut remarquer des lampes...

Papyrus d'Ani.

Planche 17.

Préambule... 

Un petit rappel de ce que nous avons déjà traité sur ce sujet...

Si cela vous est nécessaire !

 

Pour en savoir davantage sur ce principe spirituel des temps anciens, je vous convie donc à suivre les liens (en jaune) : ceux-ci correspondent à des articles édités précédemment !

 


Qu'avons nous donc découvert, sur ce sujet, dans les précédents articles ? 

Tout un programme... !

Que nous venons simplement d'effleurer ici...  

 

Article n°1 :  pour conserver son Bâ...

 

Article n°2 :  il avait la capacité de passer d'un plan du réel à un autre !

 

Article n°3 :  il n'était pas pour autant autonome

 

Article n°4 :  à coté de l'ombre, liée à la sexualité du défunt...

 

Article n°5:   les ailes de Bâ incarnaient bien sa mobilité 

 

Article n°6à l'origine, il y avait Bâ... A la fin y eu Bâ...

 

Article n°7 :  le bâ des netjerou  évoluait selon des règles différentes...

 

 Article n° 8 : quand bâ animait les statues

 

Article n°9 :  "Ka" par rapport à "bâ" !

 

Article n°10 : embaumer afin que puisse vivre le bâ...

  

 Nekken âme

de Nekhen.
Règne de Sésostris I (1 961-1 917 avant J.-C.).
Calcaire peint, du temple de la pyramide de Sésostris I.

Lisht.
Fonds Rogers, 1909 (09.180.41).


Chapitre 89 du "Livre pour sortir au jour" :

(avec la traduction de Paul Barguet)

 

Attention, quand vous lirez "âme", comprenez bâ :

 

"Formule pour permettre à l'âme de se réunir à son corps dans l'empire des morts.

(...),

grand dieu, fais que mon âme vienne à moi, en quelque lieu qu'elle soit !

 

Si l'on me tarde à me ramener mon âme, en quelque lieu qu'elle soit, alors tu trouveras l'œil d'Horus dressé contre toi, comme cela.

  (...)

 

O dieux qui tirez la barque du maître des millions d'années,

 

qui amenez le ciel à la Douat,

 

qui éloignez le ciel inférieur,

qui faites que les âmes se rapprochent des momies,

 

que vos mains tiennent vos cordages

(...)

et

faites que cette âme du

défunt que je suis)  

monte auprès des dieux sous vos fesses,

de l'horizon oriental du ciel,

pour accompagner jusqu'au lieu où elle était hier, en paix,

 

en paix, à l'Occident !

 

Qu'elle voie son corps,

qu'elle repose sur sa momie !

(Ainsi) il ne périra pas,

 

il ne sera pas anéanti, jamais." 

 

Improprement traduit par "âme", le bâ était un principe spirituel !

 

Il devait prendre son envol lors de la rupture fatidique !


Paradoxalement, Bâ était néanmoins lié à la vie. Mais, à la vie post mortem du défunt !

 

Ainsi, demeurent de nombreux textes funéraires qui devaient être non seulement gravés sur maints supports, mais aussi lus, lors des rituels funéraires et, ceci afin d'aider cette dichotomie que fut cette séparation entre :

- Le bâ,

- Et la momie du défunt.

 

De fait :

- Bâ se devait d'aller au ciel,

- Et, le corps avait cette nécessité de reposer intact dans l'hypogée, cacher dans la Douât, ce monde souterrain...

 

"On t'a rendu ton cœur de ta mère, le viscère du cœur de ton corps ;

 

on a placé ton âme-bâ au ciel,

 

ton corps dans la terre."

Chapitre numéros 169 du "Livre pour sortir au jour". 


Mais ne nous trompons pas !

Si ce lien devait logiquement se rompre au moment de la rupture, cela ne devait pas être de façon pérenne !

    ani pl 17

 

Aucun culte ne fut rendu à bâ…

 

Bâ fut vénéré probablement des millions de fois et, cela à travers le culte rendu au bâ de chaque :

- Être ayant été mortel auparavant !

- Pharaon,

- Nétèr,

-…


Sans lui être spécifiquement réservés, on l'adulait néanmoins au niveau :

- Des temples,

- Et des hypogées…


Vénérer la statue d’un nétèr, que cela soit :

- Au sein d'un sanctuaire,

- Ou lors de processions… Cela correspondait bien à la vénération du bâ de la divinité !


Mais le bâ qui importait le plus aux yeux de nos antiques Égyptiens fut forcément celui correspondant à chaque mortel, qu’il fut :

- Pharaon,

- Ou alors un simple sujet de sa majesté !


Une adulation qui devait s’effectuer de manière bien différente selon le niveau social de l’individu !

 

Une trinité spirituelle...

 

→ Le Ka...

 

→ L'Akh...

 

→ Le bâ... 

 

L'homme aurait été ainsi, riche de par une trinité : lui concevant ainsi l'esprit !  

 

Mais, cette trinité ne fut pas le propre de l'Homme !

 

Tout être vivant en était muni, voir même certains nétérou...

 

De plus, il ne vous aurait pas été possible, lors d'une autopsie par exemple, d'identifier physiquement cette trinité !

Elle fut en vérité, cette trinité et, vous l'aurez bien compris, qu'un concept métaphysique !

 

De plus les trois éléments qui la composaient furent bien dépendants les uns par rapport aux autres !


Vous ne trouverez certainement jamais...

 

Il est fort probable, que vous ne trouviez jamais de traduction à la fois de :

- Bâ,

- Et de Ka !

 

Cela vous faciliterait certainement la compréhension s'il existait un terme adéquate, correspondant à notre culture !

 

Le peu de traduction que vous seriez à même de rencontrer, pour bâ notamment, serait "âme".

 

Hors, non seulement cela serait :

- Inadéquate,

- Mais de plus, quelque peu erroné !

 

Aussi, nous garderons cette dénomination de bâ et de ka !

 

Dès le Nouvel Empire Égyptien...

 

Bâ fut représenté :

- Sous la forme d'un oiseau,

- Dont la tête fut humaine.

Ba-Vogel Hildesheim

 

Au chapitre (1) du "livre pour sortir au jour", bâ volait dans la descenderie de l'hypogée située entre :

- La chambre du sarcophage,

- Et la chapelle funéraire !

 

Ainsi, bâ devait-il être apte à passer d'un plan à un autre !

 

L'univers dans ce paradigme ancien devait être composé de 3 parties :

- Le monde des vivants,

- Le monde des défunts,

- Le monde des nétèrou !

 

Tout en changeant de forme, Homme comme nétèrou, avait la capacité, grâce au bâ, de passer d'un plan vers un autre.

 

De cette manière, les nétèrou pouvaient très bien accéder au monde des vivants !

 

Théologie d'Amon...

 

Ainsi, selon cette théologie, le bâ du nétèr se manifestait dans l'ensemble de la création ! 

Ce netjer primordial (Amon), pouvait ainsi transmettre le Ka...

 

Transférer cette potentialité de vie à tous ce qui existait !

 

De fait, cette manifestation discernable quant à son potentiel créateur fut, dénommé bâ !

 

Il fut composé d'au moins 10 baou :

- Le soleil,

- La lune,

- L'air,

- L'eau,

- Le feu,

- Le bétail,

- Les oiseaux,

- Les animaux aquatiques,

- Les reptiles,

- Le Ka royal. Ce dernier fut en vérité la représentation de l'humanité dans son ensemble ! 

 

Un tout...

 

C'est ce que représentait l'être Humain !

 

Un tout, malgré sa complexité, aux yeux des anciens Égyptiens !


Un tout, tant dans le monde des vivants que dans celui des défunts...

 

L' "immortalité providentielle" de notre culture...

 

Elle est bien envisageable avec une âme sans corps !


Nonobstant, un bâ :

- Sans corps,

- Sans ombre,

- Sans coeur, ne pouvait pas se poser dans l'Occident.

 

Nous pouvons le comprendre en lisant "le dialogue du désespéré avec son bâ".

C'est un conte imaginé relatant une discussion entre :

- Un homme qui effleurait l'idée du suicide,

- Et son bâ qui l'en dissuadait !

Ce texte, particulièrement connu, est issu d'une traduction de Claire Lalouette et est daté de 1981 "La littérature égyptienne" Paris, P.U.F., 1981.

 
"La mort est aujourd'hui devant moi
comme la guérison devant un malade,
comme la première sortie après une maladie.

La mort est aujourd'hui devant moi
comme le parfum de la myrrhe,
comme lorsqu'on est sous la voile, par grand vent.

La mort est aujourd'hui devant moi
comme le parfum du lotus
comme lorsqu'on se tient sur la rive de l'ivresse.

La mort est aujourd'hui devant moi
comme un chemin connu
comme lorsqu'un homme revient de guerre vers sa maison.

La mort est aujourd'hui devant moi
comme un ciel qui se dévoile
comme lorsqu'un homme découvre ce qu'il ignorait..." 

 

Cette métaphore...

Cet oiseau-bâ se posant à l'Occident...

 

Cela fut en vérité la représentation de l'union du bâ et de son corps !

 

Cela fut comme le démontre la vignette 89, planche 17 du papyrus d'Ani, la représentation de la renaissance !

 

Libérer Bâ...

 

Une certitude cependant, ce ne fut pas la "rupture" qui libérait bâ du corps du défunt dans lequel il avait vécu dans le monde des vivants !

 

Une libération rituelle devait avoir lieu pour l'accomplir !

 

Cela constituait sans doute l'élément cultuel le plus important relatif à bâ.

 

Une fois que la momie fut "achevée"...

Et, de fait, prête à être enterrée...

Les prêtres embaumeurs allaient se saisir d'une herminette rituelle et toucher certaines parties du corps.

 

Lorsqu'il en venait au visage, l'officiant pratiquait au moyen de son instrument "l'ouverture de la bouche".

 

Livre des Morts de Hounéfer. Opening of the mouth ceremo

  "Livre pour sortir au jour" de Hounéfer, 1 300 ans avant J.C.

Prêtres d'Anubis...

L'ouverture de la bouche...


Non content d' "ouvrir les sens" du défunt (ce qui lui permettait de manger et de parler dans l'au-delà), ce rituel libérait :

- Le bâ,

- Et le ka, afin qu'ils puissent voyager à leur guise dans l'autre monde.

 

Ainsi, bâ naissait-il par la bouche de tout Homme embaumé (!).

 

Alors, et alors seulement, le corps pouvait être inhumé en son hypogée.

 

était finalement le vrai interlocuteur des vivants lorsque ceux-ci s'adressaient : 

- A leurs nétèrou,

- A leurs défunts...  

 

 

  ba

 

Clé de VIE

 

Alors, à suivre...

J'espère que vous avez pris autant de plaisir à lire mes textes que j'en ai eu à vous les écrire ! 

 


Désinences... prochainement sur le même sujet... à savoir les Baou...

   

- Au tombeau, 

- ... 

 

A fin d'en connaître davantage, je vous invite à consulter :

 

 

     • Sources...

 

Initiation aux Livres des Morts égyptien, éditions Albin Michel, 1991.

 

Égypte, les mystères du sacré, Éditions du Félin, 1987.

 

Guilmot, Max, Le Message spirituel de l'Égypte ancienne, Édition du Rocher, Monaco.

 

Gaston Maspero, Études égyptiennes, Éditions Imprimerie Nationale, 1879. 

 

Preys, R., Schrauwen j.p "Le papyrus d'Ani" sur Egyptologica.be.

 

Symbolique de l’Égypte, éditions du Huitième jour.

 

Paul Barguet, Textes des Sarcophages égyptiens du Moyen Empire, Paris, Éditions du Cerf, 1986.

 

Collection "Passion de l'Egypte" Editions Atlas 2003.

 

Catherine Chadefaud,  L'Écrit dans l'Égypte Ancienne, Paris, Hachette, 1993.

 

     • Sitographie…

 

Wikipédia

 

www.egyptologica.be_papyrus_ani_pa_planche10.

 

Taggé avec :

 

Parcours thématiques...

 

Les dynasties...

Clé de VIE

 

Apophtegme... 

 

Voici en quelque sorte un "Bâ" refusant cette rupture...


"Si tu songes à la tombe, c'est amertume de coeur;


C'est ce qui fait venir les larmes, et qui accable l'homme.


C'est arracher un homme de sa maison, l'abandonner sur la montagne.


Tu ne sortiras plus au jour, pour voir le soleil.


Ceux qui ont bâti en granit rose et ouvré dans une pyramide
De belles salles en beau travail,
Une fois que de constructeurs ils sont devenus dieux,
Leurs tables d'offrandes sont vides.


Ils sont comme des misérables morts sur la berge,
Sans héritiers, à la merci du flot et de l'ardeur du soleil,
A qui parlent les poissons du bord de l'eau.


Ecoute-moi donc;

vois,

  il est bon pour l'homme d'écouter.


Obéis au beau jour et oublie le souci."

(Traduction de Pierre Gilbert, 1949, La poésie égyptienne, Bruxelles, F.E.R.E.)   

 

 

Fichier en PDF 

 

Libérer bâ !... (11) en Égypte ancienne ! Libérer bâ !... (11) en Égypte ancienne !   


 

 

aimé

 

jean-claude

 

 

ânkh oudja seneb


vsf001


n(=w), w(=w), snb(=w) 


"Qu'il soit vivant, intact et en bonne santé !"


La traduction littérale en français est quelque peu fausse, nonobstant, les voici :

 

vie, santé, force (v.s.f.)

                                                                              

 vie, force et santé. 


Partager cet article

Repost 0